Le Maracaña, temple mythique du football

L’« Estadio do Maracaña », comme il est nommé en portugais, est sûrement le stade de football le plus mythique et le plus chargé d’histoire du monde entier. Ouvert en 1950 avec une capacité record, pour l’époque, de plus de 200.000 places, ce temple du ballon rond a pu proposer aux spectateurs des rencontres d’anthologie. Entre la Coupe du monde 1950 et celle de 2014, en passant par les Jeux olympiques ou des concerts de prestiges, tous les plus grands athlètes de l’Histoire du sport ont posé leur pied dans cette enceinte.

Du « Roi » Pelé à Garrincha, mais aussi Maradona et Eusébio, les joueurs de football considèrent toujours qu’un match dans le stade ovale de Rio, est une rencontre particulière. Parcourez avec nous, la formidable épopée d’un lieu de légende dans la discipline la plus populaire au monde.

Une construction soutenue par un journaliste

Avant de devenir la légende ce que l’on connaît, le stade du Maracaña a été le fruit d’un projet compliqué à mettre en œuvre. Remontons quelques années en arrière. Alors que le Brésil souhaitait, depuis plus de dix ans, organiser la Coupe du monde de football en son pays, Jules Rimet, le principal organisateur, se rend en 1942 à Rio pour examiner la candidature du pays brésilien. Malheureusement, deux semaines plus tard, la Seconde Guerre mondiale éclate en Europe. Rio et le Brésil devront attendre 1949, afin d’organiser la plus prestigieuse des compétitions sportives, un choix inévitable, aux vues d’une Europe en ruines.

Contrairement à l’Argentine ou l’Uruguay, le Brésil ne possédait pas d’enceinte capable d’accueillir les grandes attentes de la FIFA. Aux termes d’une lutte de pouvoir pour construire l’enceinte, la Coupe du monde est repoussée un an plus tard, en 1950. C’est à ce moment qu’un journaliste, Mario Filho, un des plus réputés de son temps, intervient dans un célèbre journal des sports brésilien. Grâce à ses écrits, l’homme parvient à convaincre tous les acteurs de la construction, pour qu’ils lancent le projet du stade dans le quartier de Maracaña à Rio. Pour lui, « croire au stade », c’était, « croire au Brésil ».

Il n’aura fallu qu’un an et dix mois pour construire un stade de 183.000 places. A l’ouverture de la Coupe du monde au Brésil en 1950, Jules Rimet le compare même au Colisée de Rome. La légende est née, et le Maracaña prendra le nom officiel de « stade municipal Mario Filho », à la mort du journaliste en 1966.

Un lieu chargé d’histoire

Le football et le Maracaña commencent donc leur histoire d’amour avec la Coupe du monde de 1950. Alors que les Brésiliens se hissent jusqu’en finale, et n’ont besoin que d’un match nul pour être sacrés champions, l’Uruguay remonte le score et s’impose 2 buts à 1 dans le fameux stade du Maracaña. La désillusion est telle que le dernier buteur a déclaré beaucoup plus tard, que seules trois personnes ont fait taire le stade Maracaña : le pape, Frank Sinatra et lui !

En effet, outre les exploits des joueurs de foot brésiliens, mais aussi des athlètes lors des Jeux olympiques, l’enceinte la plus mythique de Rio a reçu de nombreux événements comme deux messes du Pape Jean-Paul II. Alors que le record mondial du plus grand nombre de spectateurs à un concert payant est détenu par le groupe A-ha, Paul McCartney, Madonna, Sting, les Rolling Stones, Prince, Tina Turner, The Police, George Michael, les Black Eyed Peas et Frank Sinatra, se sont tous produits dans l’Estadio do Maracaña de Rio !

Après la dernière rénovation du stade en 2013, la capacité a été réduite à 80.000 places, mais n’entache aucunement à l’histoire de l’enceinte qui propose même, un des plus fameux, musée du football.